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Périnée et sport : ce que toute femme devrait savoir

Une femme sur trois a des fuites urinaires. Une sur quatre les a même en faisant du sport. Et pourtant, le sujet est encore tabou, y compris dans les salles de fitness, où l'on continue à enseigner abdos, course et saut à la corde sans jamais demander à la cliente si son périnée est prêt à encaisser.

Cet article ne va pas remplacer un examen médical. Mais il vous donnera les bases pour comprendre votre propre corps, repérer les signaux, et adapter votre pratique sportive.

Le périnée, c'est quoi exactement ?

Le périnée est un ensemble de muscles, ligaments et fascias situés en bas du bassin, formant un véritable hamac qui soutient vos organes pelviens : vessie, utérus, rectum. Il s'étend du pubis à l'arrière du sacrum, avec trois ouvertures (urètre, vagin, anus) que vous pouvez contracter volontairement.

C'est le muscle le plus discret de votre corps, et probablement le plus négligé. On ne le voit pas. On ne sent pas qu'il travaille. On lui demande pourtant de tenir des organes en position pendant 80 ans, de gérer la continence urinaire et fécale, et d'amortir des chocs répétés (course, sauts, port de charges).

Pourquoi le périnée des femmes est-il particulièrement sollicité ?

Les signaux qui doivent alerter

Pas toutes les fuites sont normales. Pas toutes les pesanteurs sont inévitables. Voici les signes qui méritent un avis médical (sage-femme, kiné spécialisé en pelvi-périnéologie, gynécologue) :

Aucun de ces symptômes n'est « normal après un accouchement ». Ils sont fréquents, mais ils se traitent. Trop de femmes vivent avec ça pendant des décennies, persuadées que c'est leur lot.

Les exercices à éviter quand le périnée est fragile

Hyperpression abdominale

Impacts répétés

Charges lourdes mal gérées

Les charges lourdes ne sont pas interdites, au contraire, le renforcement musculaire est protecteur. Mais elles doivent être abordées avec une coordination respiratoire correcte : expiration sur l'effort, contraction du périnée à l'expiration, pas de blocage en apnée.

Le problème n'est jamais « la musculation » en soi. C'est la combinaison : charge lourde + apnée + périnée non préparé.

Les exercices qui renforcent le périnée

1. Les contractions volontaires (Kegel)

Allongée ou assise, contractez les muscles autour de l'urètre et du vagin comme si vous vouliez retenir une envie pressante. Maintenez 5 secondes. Relâchez 10 secondes. Recommencez 10 fois. Trois séries par jour.

Important : contractez sans serrer les fessiers, sans serrer les cuisses, sans bloquer la respiration. Si tout se contracte en même temps, c'est que le périnée n'est pas isolé. Travaillez avec un kiné pelvi-périnéal pour apprendre.

2. Les contractions automatiques

Plus subtil, plus important. Le périnée doit pouvoir se contracter automatiquement en réaction à une pression : éternuement, toux, port de charge. C'est le travail réflexe qui se fait avec une rééducation par sonde, ou des exercices spécifiques (rebond léger sur swiss ball, transitions debout-assise dynamiques).

3. Le gainage profond

Pas la planche. Le transverse : ce muscle profond qui se contracte quand vous « rentrez le nombril » en expirant doucement. Couplé à la contraction périnéale, il forme la vraie ceinture protectrice du bas-ventre.

4. Les fessiers

Surprenant, mais central. Des fessiers forts stabilisent le bassin et soulagent le périnée d'une partie de son travail postural. Ponts fessiers, abductions latérales, hip thrust : à intégrer systématiquement.

5. La respiration diaphragmatique

Apprendre à respirer par le bas du ventre, pas par la cage thoracique. Le diaphragme et le périnée fonctionnent en miroir : à l'inspiration, le diaphragme descend, le périnée descend légèrement. À l'expiration, les deux remontent. Réharmoniser cette mécanique répare la moitié des dysfonctions périnéales légères.

Faut-il faire de la rééducation périnéale même sans avoir accouché ?

Oui, dans plusieurs cas :

La rééducation périnéale est prescrite par un médecin ou une sage-femme, et réalisée par un kiné formé à la pelvi-périnéologie ou une sage-femme. Une dizaine de séances suffisent généralement, et les résultats sont rapides.

Et le coaching dans tout ça ?

Le coaching sportif ne remplace pas la rééducation médicale. Mais il prend le relais après. Voici ce que je travaille systématiquement avec mes clientes Sha Coach :

Le périnée à la ménopause : un sujet à reprendre à zéro

La ménopause apporte une chute des œstrogènes qui fragilise le tissu conjonctif partout, y compris au niveau périnéal. Des femmes qui n'avaient jamais eu de fuite se retrouvent avec des symptômes à 55 ans. La solution n'est pas de réduire l'activité, c'est de l'adapter et de renforcer activement le plancher pelvien.

Si vous êtes en péri-ménopause ou ménopause et que vous remarquez des changements, ne minimisez pas. C'est exactement le bon moment pour reprendre une rééducation, ou pour l'anticiper.

En résumé

Et si vous avez un doute, parlez-en. À votre médecin, votre sage-femme, votre kiné, et à votre coach sportive, si elle est formée à ces sujets. Vous serez surprise du nombre de femmes autour de vous qui vivent la même chose en silence.

Une question, un doute ?

Mes séances à domicile à La Rochelle intègrent systématiquement un travail périnéal adapté. On en discute ?

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